Le Moulin de Siros

TEXTE DE JEAN HOUNIEU.

Le Banioû, ou Canal des Sept Moulins, a été creusé à la main au dix septième siècle et prenait son origine sur la rive droite du Gave, un peu en amont de Laroin. Sur son parcours le canal alimentait sept moulins, d’où son nom administratif de Canal des Sept Moulins. Passé Poey le canal devenait sirosien depuis la limite entre les deux communes.

Moulin de Siros aujourd'huiLe moulin de Siros aujourd’hui

Tous les moulins, Moulin de Siros inclu, avaient un déversoir qui permettait en cas de besoin de dévier le cours de l’eau pour mettre le moulin à sec; soit pour repiquer les meules de pierre devenues trop lisses, soit pour l’entretien des turbines de la scierie. Ce déversoir -l' »estouradé »- contournait la prairie qui est à gauche du pont traversait le chemin vers la Saligue et passait devant la maison Mathieu pour rejoindre le canal en aval du moulin.

Un peu en amont du pont sur la berge droite, une vanne annexe servait à compléter la vidange en cas de besoin par une rigole qui rejoignait le canal quelques mètres avant l’embouchure de L’Agoué. Cette rigole permettait l’irrigation de deux ou trois hectares traversés. Ces terrains pour le paiement des impôts fonciers étaient classés en première catégorie et tous les autres en deuxième; ce n’est qu’après force discussions avec les gabelous de l’époque que l’administration accepta ce classement.

A Siros, à côté du moulin, une scierie avait été montée. A l’entrée du pont, un jeu de vannes dirigeait l’eau, soit sur les meules soit sur la turbine, qui actionnait le mécanisme de la scie qui débitait en long les troncs d’arbre. En aval du moulin, et jouxtant la scie mécanique, une passerelle permettait de positionner des troncs trop longs pour contenir sur le chariot mécanique, de manière à ce que deux hommes, l’un en dessus et l’autre en dessous, maniant une immense scie à main venaient à bout de pièces de charpente hors du commun.

Outre la scierie, la force hydraulique actionnait une batteuse à blé. L’exiguïté des lieux rendait le travail difficile et plus pénible, et rapidement des entrepreneurs achetèrent des batteuses mobiles qui se déplaçaient dans chaque ferme. Elles étaient entraînées par des machines à vapeur.

On pourrait croire que le canal était une affaires d’hommes, il n’en est rien. Les femmes purent en jouir ou plutôt en souffrir. Derrière le moulin et au pont de Lacampagnote avaient été aménagés deux lavoirs. Chacun était équipé de « labadés » (ou lavoirs); plans inclinés en bois avec deux pieds mettant le plan de travail à mi-cuisse côté lavandière, l’autre bout noyé dans vingt centimètres d’eau courante (en plein air). Comble du luxe une planchette pointée sur le côté servait de porte-savon.

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