Enfant de Choeur Retraité (2ème Partie)

TEXTE DE JEAN HOUNIEU. L’un des temps forts pour un enfant de chœur c’était quand, avec son seau d’eau bénite, il accompagnait le Curé qui allait « porter » l’Extrême Onction à un malade au seuil de la mort.

Nous étions attendus: le malade était dans son lit, la porte de la chambre ouverte , un cierge était allumé sur la table de chevet. Le Curé demandait aux présents de sortir  (famille, voisins et moi compris) , de libérer les lieux. Il devait d’abord confesser le mourant et le secret de la confession, en ce moment tragique, ne pouvait être partagé qu’entre le pécheur et le prêtre. Il allait peut être se libérer d’un péché particulièrement grave, caché jusqu’alors mais dont l’aveu lui ouvrait la porte de l’éternité parmi les « Bienheureux ».

La confession terminée et l’absolution rendue nous rentrions tous dans la chambre, répondions par des Amen aux diverses prières alors que le Ministre du Culte traçait avec son pouce, oint de saintes huiles, des croix par où les péchés avaient pu entrer!!! Les onctions terminées, nous repartions vers l’église. Si le Curé estimait que la fin du malade était imminente, il avertissait Anna, la sonneuse de cloche, qui se rendait dans le clocher pour sonner « l’agonie », un seul coup toutes les dix secondes environ. La sonnerie pouvait durer des heures… jusqu’à ce qu’un membre de la famille vienne dire à Anna que le défunt avait fait le grand pas!

Si la fin n’était pas imminente, le Curé revenait le lendemain pour suivre l’évolution et tant mieux si l’on ne devait pas mettre en branle la sonnerie qui avait pour but d’avertir les paroissiens de la perte probable d’un des leurs et les inviter à la prière pour soutenir le mourant. De mémoire de Sirosiens, personne n’a jamais survécu à la sonnerie de « l’agonie » mais depuis très longtemps elle est tombée en désuétude.

Jusqu’à l’enterrement, après les angélus du matin, de midi et du soir,le glas était sonné: une volée de quatre coups pour un homme, trois coups pour une femme et deux pour un enfant.Il invitait à partager le deuil avec la famille.

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